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Démarche artistique
La question du paysage m'interpelle depuis plusieurs années : simultanément perception subjective du territoire et représentation artistique, matérialité et idée, sa définition semble repousser un consensus, du moins éviter les délimitations trop encloses. En fait, le paysage évolue suivant l'entrecroisement et l'imbrication de données perceptuelles : ses représentations — idéelles et plastiques — s'adaptent aux développements technologiques, son objet ainsi que les motivations qui le génèrent s'ouvrent à de nouvelles réalités sociales. En ce sens, faire du paysage le sujet de mon travail en création provient d'un désir de réappropriation en art des lieux et des temps intimement vécus. Le voyage s'est donc inscrit naturellement dans mon parcours comme un moment privilégié pour initier la création.
Le processus de création
Le trait commun des oeuvres est une référence au paysage ainsi qu'à la cartographie. Cette référence cartographique s'avère effective par une conception de la représentation du paysage qui relève plutôt d'une fonction que d'une finalité. Elle est aussi présente dans le type de gestes convoqués en création : cueillir des données sur le terrain, analyser ces données, les épurer, colorer, tracer et légender. Dans mes oeuvres, le paysage évolue en une superposition de dessins linéaires, le plus souvent générés par l'ordinateur à partir d'un document photographique (provenant de mes propres déplacements). Le fait de générer ces dessins par l'ordinateur répond à un besoin d'objectivité et de précision similaire à celui rencontré pour l'édition de cartes officielles. La réalisation du dessin se fait toutefois de façon manuelle, en me basant sur une projection: j'arpente minutieusement — et linéairement — le tableau afin de le singulariser. En ce sens, le dessin n'est pas seulement le fruit de mon expression personnelle — même si le trait est chaque fois typique. Cette façon d'aborder le dessin possède la particularité de « documenter » l'évènement — le voyage — plutôt que de l'interpréter.
Quant aux formes colorées, juxtaposées ou superposées au tracé linéaire, elles constituent une composante essentielle du modèle cartographique, elles régissent la cohésion et l'équilibre de l'ensemble et elles permettent au regard de se fixer à travers les déambulations instaurées par la ligne. Ces formes fragmentent l'espace du dessin en ancrant les principales frontières linéaires. Enfin, le procédé technique mis en oeuvre pour la réalisation de ces formes colorées confère à la couleur une précision qui la distingue clairement du « milieu du dessin ». C'est donc sous l'autorité du dessin que la peinture et la couleur s'inscrivent, structurant et stabilisant les nervosités et la fonction descriptive de la ligne.
Notice biographique
Née en 1976 à Québec, où elle vit et travaille, Eveline Boulva est titulaire d'un doctorat sur mesure en arts visuels et en géographie de l'Université Laval, où elle enseigne comme chargée de cours. Elle a également étudié à la Scuola Internazionale di Graphica de Venise, en Italie, ainsi qu'à la Villa Arson de Nice, en France. Depuis 2001, elle a réalisé au Québec plusieurs expositions individuelles, telles que Scruter l'horizon (en 2007, au centre VU, à Québec), Épures (en 2007, chez Engramme, à Québec) et Des instants entre parenthèses (en 2009, au Centre d'exposition de St-Hyacinthe). Elle a aussi présenté son travail dans le cadre d'expositions collectives qui se sont déroulées au Brésil, en Suisse, en Belgique, en Pologne, en France et au Canada. Au Québec, ses oeuvres ont notamment été présentées en 2008 lors de l'exposition collective C'est arrivé près de chez vous, au Musée national des beaux-arts du Québec. On retrouve les œuvres de l'artiste dans les collections d'Hydro-Québec, de Loto-Québec, du Prêt d'œuvres d'art du Musée National des beaux-arts du Québec et de la Bibliothèque Nationale du Québec.
Linéament; la chaise
Huile et crayon sur masonite, 122 x 183 x 7.6 cm, 2006.
Photo : Eveline Boulva
Linéament; le glacier 4
Huile et crayon sur contreplaqué, 244 x 244 x 12 cm, 2007.
Photo : Eveline Boulva
- Fluvial; paysage annoncé (à gauche)
- Fluvial; industries (à droite)
Huile et crayon sur contreplaqué, 91 x 91 x 7,5 cm
(chaque tableau), 2008.
Photo : Daniel Roussel
Fluvial; la 138
Huile et crayon sur contreplaqué, 91 x 91 x 7,5 cm, 2009.
Photo : Eveline Boulva
Méandre
Huile et crayon sur contreplaqué, 244 x 366 x 12,7 cm, 2009.
Photo : Daniel Roussel
Sur la Côte-Nord; sylvestre 3
Huile et crayon sur contreplaqué, 152 x 91 x 7,5 cm, 2009.
Photo : Eveline Boulva
Sur la Côte-Nord; sylvestre 1
(avec 2 détails à droite de l'oeuvre)
Huile et crayon sur contreplaqué, 152 x 152 x 7,5 cm, 2009.
Photo : Eveline Boulva
Sur la Côte-Nord; l'industrielle
Huile et crayon sur contreplaqué, 152 x 152 x 7,5 cm, 2009.
Photo : Eveline Boulva
Vues de l'exposition « Sur la route, entre sarts et bois », à la Galerie d'art Arts Sutton, à Sutton.
2009.
Photo : Eveline Boulva
En forêt (avec un détail sous l'oeuvre)
Huile et crayon sur contreplaqué, 91 x 152 x 7,5 cm, 2010.
Photo : Eveline Boulva
En forêt; une promenade, premier segment
Acrylique et crayon sur contreplaqué, 76 x 122 x 7,5 cm, 2010.
Photo : Eveline Boulva
En forêt; une promenade, second segment
Acrylique et crayon sur contreplaqué, 76 x 122 x 7,5 cm, 2010.
Photo : Eveline Boulva
- Rencontre au Cap Bon-Ami 1 (à gauche)
- Rencontre au Cap Bon-Ami 3 (à droite)
Aquarelle, gouache et crayon sur papier Fabriano, 56 x 36,8 cm (gauche)
45,7 x 31 cm (droite), 2010.
Photo : Eveline Boulva
Rencontre au Cap Bon-Ami 3, détail.
Aquarelle, gouache et crayon sur papier Fabriano, 31,6 x 56 cm, 2010.
Photo : Eveline Boulva
Rencontre au Cap Bon-Ami 2
Acrylique et crayon sur contreplaqué, 76 x 122 x 7,5 cm, 2010.
Photo : Eveline Boulva




