Cécile Straumann
Come Back (VU, Photo)
par Claude Chevalot
10 mars 2010
Je ne trouve jamais facile d'écrire sur le travail d'un artiste. Il faut nous ouvrir, laisser notre être entier percevoir, éviter de nous fier seulement à ce que notre côté cérébral nous transmet. C'est à mon avis la seule façon de pouvoir nous faire une opinion.
Cette ouverture à une œuvre peut parfois être très exigeante mais, pire, elle peut aussi être décevante. Il est difficile d'écrire sur le travail d'un artiste, surtout quand le travail nous laisse indifférent, ou presque.
Malheureusement, l'installation de Cécile Straumann à VU tombe dans cette catégorie. J'admets qu'il y a une certaine beauté dépouillée dans le paysage qui tient lieu de décor. Un paysage de face, puis filmé sur la droite et enfin sur la gauche est projeté sur trois murs. Triptyque statique avec de beaux nuages. Les images transmettent une impression d'infini. Il y a quelque chose de contemplatif dans ce champ, la terre, les nuages et cette ligne d'horizon, mais tout cela tourne court derrière cette plastique : le vide. J'avais envie de dire : « Ce n'est pas mal comme entrée en matière, mais encore, qu'est-ce à dire ?! »
À intervalles irréguliers, des balles rebondissent de façon incongrue sur les murs, brisant à la fois le calme et le silence de l'image bucolique. Une fraction de seconde, comme une tache, comme une égratignure. Le son des balles qui rebondissent crée une trame sonore amusante, mais sans réelle nouveauté. Le sol est jonché de petites balles multicolores qu'on peut s'amuser soi-même à lancer dans le paysage. Il s'agit probablement de l'aspect « ludique » dont il est fait mention dans le communiqué. En tout cas, Dulcinée, mon chiot de cinq mois dont je commence l'éducation artistique, a vraiment beaucoup apprécié cet aspect de l'installation.
C'est peut-être parce que ce que j'avais lu sur Cécile Straumann présageait un travail beaucoup plus onirique et habité que j'ai eu l'impression de rester sur ma faim. En ces heures de gloire des jeux virtuels dans lesquels nous envahissons le décor, j'avais l'impression de me retrouver dans une version désuète d'un jeu de tennis.
Philippe Piguet, historien de l'art et critique, mentionne dans le texte du carton accompagnant l'exposition que « Come back [sic] [...] en dit long aussi du questionnement [de Straumann] à propos de la place qui est la nôtre dans l'espace où nous nous trouvons ». Un questionnement d'identité, dit-il ? De ce « questionnement identitaire », je n'en ai pas trouvé trace dans l'œuvre. De toute façon, quand il faut lire les commentaires d'un « expert » pour arriver à trouver de la valeur à l'œuvre... c'est mal barré !
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