arts visuels punctum
entete

Expositions en arts visuels à Québec

L'ŒIL DE POISSON

La colonie

L'OEil de poisson
LA CHAMBRE BLANCHE

Isabelle Demers

La chambre blanche
GALERIE DES ARTS VISUELS DE L'UNIVERSITÉ LAVAL

Expositions de fin de maîtrise

Galerie des arts visuels de l'Universite Laval
LA BANDE VIDÉ0

Johan Grimonprez

La Bande Video
VU, PHOTO

Milutin Gubash / Trevor Paglen

vu, photo
ENGRAMME

Salvatore Arancio

Engramme
GALERIE LE 36

bonnes vacances!

galerie le 36

 autres expositions

vidéos et reportages

Cai Guo-Qiang Vidéos de Cai Guo-qiang
Gilbert and George Vidéos de Gilbert and George
Jeff Koons Vidéos de Jeff Koons
Damien Hirst Vidéos de Damien Hirst

Deuxième table ronde autour de la question de la relation entre les médias et les arts visuels à CKRL

Introduction à la deuxième table ronde

La question de départ concernait la relation difficile entre les médias et les arts visuels. Si la discussion de la première table ronde qui était animée par des journalistes ne s'est pas éloignée du sujet, la deuxième table ronde, elle, a amené cette même question à l'échelle d'un problème culturel général. Autrement dit, cette table ronde n'a pas apporté de solutions, mais a plutôt mis en lumière une situation qui concerne autant le plus érudit des artistes que l'enfant de l'école primaire. Par où commencer, alors ?

L'éducation des arts visuels devrait commencer dès le plus jeune âge, mais encore faut-il que des enseignants soient formés minimalement pour enseigner un tel sujet. Nous nous retrouvons devant le problème de la primauté entre l'œuf et la poule. Il faudrait aussi que les gens portent un intérêt envers l'art contemporain mais, en même temps, l'art contemporain est un domaine pointu qui s'apparente plus à la recherche qu'au divertissement, ce qui rend difficile pour le commun des mortels le fait de se tenir à jour. Questionnons alors l'importance d'un public pour l'art, mais on nous répondra vite que l'art est subventionné par les poches des contribuables. Il semble alors important que ceux-ci soient concernés par ce qu'ils financent. Et avant de regarder ailleurs, nous pourrions aussi questionner les étudiants en art et en histoire de l'art, mais même eux, qui devraient tout de même se sentir très concernés par la question, ne se rendent qu'en très petit nombre aux expositions présentées dans les salles d'exposition de Québec.

L'art contemporain est, comme il a toujours été, dans une situation complètement paradoxale où les acteurs de l'art et le public se tournent le dos, mais se mêlent en même temps des affaires de l'autre.

Une chose est certaine : tout le monde est concerné par la culture. Le meilleur exemple est celui du Refus global qui a changé le visage du Québec. Ce texte fait partie de nous. Nous profitons tous les jours des conséquences du Refus global grâce à des artistes qui ont eu une autre idée en tête que celle de divertir des lecteurs. Mais la culture, c'est aussi ce qui se passe aujourd'hui et dans différentes sphères de la société. Les Canadiens de Montréal font partie de notre culture, tout comme Céline Dion, Tout le monde en parle, Elvis Story, le Moulin à images, etc. Mais la différence, comme je le disais plus tôt, réside dans le fait que l'art contemporain n'est pas un divertissement, ce qui veut dire que son but n'est pas d'attirer des foules, mais d'amener des œuvres au bout d'elles-mêmes, et ce, sans compromis. Si de grosses productions comme Elvis Story sont montées pour que le spectateur comprenne tout sans se casser la tête et qu'il passe un bon moment sur son siège, l'art contemporain amène à ce que l'effort de réfléchir soit aussi un bon moment.

Présenter de l'art, c'est prendre le regardeur pour une personne intelligente, qui saura entrer dans l'aventure de l'œuvre. Elle ne prend pas la main des gens comme c'est le cas du cinéma commercial, par exemple. Et pourtant, le public a souvent l'impression que l'artiste le prend pour un con parce l'œuvre semble souvent ne s'adresser qu'aux connaisseurs. Les artistes diront qu'il y a un manque d'éducation de l'art. Toutes les clés d'une œuvre se trouvent à l'intérieur de celle-ci, et le regardeur n'a qu'à être curieux et à se creuser les méninges. Si les artistes se mettaient à faire de l'art pour plaire, il n'y aurait plus d'intérêt. Ils pourraient aussi se dire que c'est une cause perdue d'avance et qu'il vaut mieux ne pas s'en faire avec le manque de public mais, en même temps, les œuvres dont personne ne fait l'aventure ne sont que des objets sans art.

Il faut donc une éducation pour que les regardeurs comprennent comment aborder une œuvre. Imaginez jouer au hockey sans savoir que le but du jeu est de rentrer la rondelle dans le filet adverse. Sans connaître les règles du jeu, on abandonne vite. C'est ce qui arrive avec le grand public, et le rôle de l'éduquer revient, selon moi, aux médias. Le problème, c'est que les médias se trouvent dans la même position que celle du grand public : ils ne comprennent pas les règles du jeu de l'art contemporain.

À quelques reprises lors de la table ronde, la question des communiqués trop compliqués et peu accessibles a été soulevée, mais j'en ai lu quelques-uns en me mettant dans la peau d'un journaliste qui a pour mandat de parler d'art et de faire le lien entre l'exposition et le public, et je n'ai rien trouvé d'obscure au point de paralyser un journaliste spécialisé en arts visuels. Et pourtant, c'est le cas.

Je crois qu'en fait, le problème est profondément ancré dans notre culture. Ignorer les arts visuels de la part des médias est une chose mais, ici, nous en sommes à un stade encore plus avancé. Le fait que les diffuseurs d'art soient financés essentiellement par des subventions pour continuer leurs recherches donne à certains médias l'occasion d'entretenir des préjugés indus. Souvent, nous disons que cela ne vaut pas la peine de nous en préoccuper, mais je continue à penser que ces médias populistes devraient peser leurs mots et laisser parler les spécialistes plutôt que de propager des faussetés au peuple qu'ils abrutissent à petit feu. C'est vrai, ils paraissent énormes, les montants annuels de quelques millions investis dans les arts visuels. Mais ces mêmes montants, divisés par le nombre d'habitants dans la province, demandent une contribution annuelle inférieure à un dollar par Québécois, ce qui est loin de ruiner nos contribuables. De plus, l'argent investi dans la culture est redistribué dans les commerces qui entourent les organismes subventionnés, ce qui est très bon pour l'économie. Ce même argent crée des emplois aux gens qui contribuent à donner au Québec son identité. Peut-être faudrait-il que les contribuables et les médias populaires comprennent que l'art n'est pas un divertissement mais une chose essentielle à toute société et que les taxes qu'ils payent ne servent pas à engraisser les artistes, au contraire.

Si les organismes culturels plus « pointus » ont de la difficulté à rayonner à même leur ville, il ne faudrait pas que ceux qui ont un plus grand auditoire écrasent encore plus le petit milieu des arts visuels pour l'égoïste raison de ne pas se sentir concernés. Pour se sentir concerné par l'art, il faut commencer par prendre le risque d'aller le voir. Certains animateurs qui pourtant semblent avoir une tête sur les épaules faussent la réalité par des énoncés non fondées ou à moitié fondées qui, quand nous nous y arrêtons, sont ridicules, surtout quand ils véhiculent des opinions sexistes, racistes et encouragent même l'érection d'un monument dédié aux soldats morts en Afghanistan. Peut-être qu'ils jugent que l'implication du Canada à cette guerre est un divertissement qui mérite d'être souligné. Mais la vraie raison de ces propos scandaleux est que les préjugés qu'ils ont créés font monter les cotes d'écoute. Ce que plusieurs médias font, en pensant peut-être bien faire, c'est de la pure diffamation. Leurs dénonciations de justiciers ne sont certainement pas dites au nom de la rigueur du métier de journaliste, mais bien d'une liberté d'expression qui n'inclut pas la responsabilité de l'impact de diffusion à des milliers de personnes.

Peut-être qu'il faudrait commencer par faire cesser cette mauvaise publicité, parce que ce n'est pas vrai qu'il vaut mieux en parler en mal que pas du tout. Cette diffamation est néfaste et abrutissante. Peut-être aussi est-il faux de croire que l'art concerne tout le monde. Malgré la qualité de ce qui est montré, le dévouement des organismes et des artistes, le rôle de l'art dans l'identité d'une société, malgré tout cela, peut-être que les arts visuels sont voués à rester le mouton noir de leurs confrères culturels. Je n'ai ni conclusion ni réponse. Cette situation est une grande question et, hélas, ceux qui nourrissent l'art de leurs poches n'ont pas fait pour la majorité le choix d'en profiter.

D'un autre côté, il y a des gens qui donnent gratuitement de leur temps pour cette chose qui leur est chère et les stimule. Leur voix est faible, mais elle tient l'art en vie et lui permet de s'inscrire dans l'histoire, et ce, depuis des milliers d'années.


Dans le cadre de l'émission L'aérospatial - CKRL 89,1 mercredi de 14h00 à 16h00 - Jean-Pierre Guay, Catherine-Eve Gadoury, Richard Ste-Marie, Dan Brault et Christian Messier se sont questionnés sur les causes et effets de cette complexe et houleuse relation entre les arts visuels et les médias de masse.

Follow Punctum_Quebec on Twitter
suivez-nous sur Twitter

Publicités
Ce site a été réalisé par Punctum design Web

À propos
Inscrivez-vous à la liste d'envoi
Vos commentaires
Plan du site

Artistes auteurs des oeuvres de l'entête

  • Félix Leblanc (FlexiB)
  • Diane Landry
  • Ève Cadieux
  • Paul Brunet
  • Jean-Philippe
  • Christian Barré
  • Guillaume Provost
  • Andrée-Anne Longchamps
  • Christian Messier
  • Guillaume Clermont
  • Isabelle Demers
  • Carlos Ste-Marie
  • Péio Eliceiry
  • Amélie Laurence Fortin
  • Émilie Bernard

Conseil Web, HTML, CSS et co.
hit-parade
Annuaire Visual Pagerank

   © Punctum, revue des arts visuels à Québec / Ce site a été réalisé par Punctum design Web