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Entrevue avec l'artiste Diane Landry

Bienvenue en Landrynie

Diane Landry, l'Œil de poisson

Visiter l'oeuvre de Gaston Miron, c'est franchir les frontières d'un pays vaste et libre, une terre nommée Mironie par son ami, le poète Jean Royer. Rencontrer l'oeuvre de Diane Landry, c'est aussi s'offrir un passeport pour un territoire immense de performances, d'installations, de sculptures où s'ébrouent des objets du petit quotidien comme des machines à laver, des bouteilles de plastique et des tourne-disques. Sorte de Sibylle de l'objet jeté, elle lui fait parler une langue qui n'est pas la sienne. Avec des jeux d'ombre, le panier à lessive devient la rosace d'une cathédrale hallucinée ; le parapluie, une fleur d'aurore et de crépuscule qui s'ouvre et se ferme sous l'impulsion du soufflet d'un accordéon lancinant...

Bienvenue en Landrynie !

Trois mots qu'on aimerait inscrire à la porte de l'atelier no 102 de la Maison Longue, une ancienne usine convertie en atelier d'artistes dès 1993, certainement l'un des vecteurs de revitalisation du quartier Saint-Roch. Il suffit de jeter un coup d'oeil aux noms sur les boîtes postales à l'entrée pour constater que la Maison Longue abrite une tribu d'artistes rares : Lauréat Marois, Danielle April, Paul Béliveau, autant de nommés potentiels à l'improbable gala télévisé des arts visuels dans la catégorie des artistes s'étant le plus illustrés à domicile comme à l'étranger !

Derrière chaque porte, un monde s'agite. En Landrynie ces jours-ci, ce sont des bouteilles d'eau et des fers à repasser qui occupent les larges plans de travail en vue de l'exposition Les chevaliers de la résignation infinie qui sera présentée à l'OEil de Poisson dès le 11 septembre 2009. Sur un trépied de métal, au milieu de l'espace, des bouteilles illuminées s'accrochent à une roue qui tourne et laissent glisser le sable qu'elles contiennent, comme une sorte de sablier moderne qui marquerait le temps qui passe, le temps que consacrent ces chevaliers résignés à une vie sans surprise.

C'est ce projet de résidence de création qui retient Diane Landry à Québec depuis avril. Une vraie chance. L'artiste a une feuille de route qui tient plus de l'autoroute que du chemin de gravelle. Il y a eu le fabuleux Studio du Québec à New York au coeur de Soho, le Centro Cultural La Recoleta de Buenos Aires ; il y a toujours les expositions qui tournent à Shanghai, à Melbourne et à Los Angeles. Et pourtant, Diane Landry doute. Elle se questionne sur l'utilité de tout cela : « Si tu fais des gâteaux d'anniversaire, c'est concret. Quand tu fais de l'art, ce n'est pas si évident de saisir sa place dans la société. » La réponse est peut-être chez Kierkegaard, le philosophe danois qui lui a inspiré le titre de cette exposition à venir : « Le doute engage profondément l'être humain dans l'existence. »

Les chevaliers de la résignation infinie
l'OEil de poisson
580, côte d'Abraham
Du 11 septembre au 11 octobre 2009

Site de Diane Landry

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